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Vendredi 21 Novembre 2008 - 00:30

Show devant

Mardi 02 Janvier 2007

Show devant Petit dernier des épreuves internationales de natation synchronisée, le combiné est encore mal connu du public français, puisqu’il n’est pas au programme des divers championnats de l’Hexagone. Pourtant, ce ballet à dix mérite que l’on s’attarde un peu dessus.

« L’idée était de créer quelque chose d’attractif et de simple à comprendre car il n’y a pas qu’une session », expliquait Steffi Haeberli, vice présidente du comité technique de natation synchronisée de la Fina, lors des Mondiaux de Barcelone en 2003. Mis en place pour la première fois lors des championnats du Monde espagnols, c’est un an plus tôt que l’idée du combiné allait être entérinée par la Fina. Depuis, cette nouvelle forme de ballet a convaincu la Ligue Européenne de Natation et fait ses gammes dans les grandes compétitions mondiales et européennes à l’exception des Jeux Olympiques. Si la France l’a testé aux Mondiaux de Barcelone, en obtenant la huitième place, il faudra attendre les Euros de Budapest, l’été dernier, pour revoir des tricolores interpréter de nouveau un « combo » dans les bassins internationaux.
Ballet libre par excellence, le combiné laisse une grande liberté artistique aux entraîneurs et nageuses. « Le ballet libre traditionnel ne l’est pas tant que ça, il faut toujours être dans la tendance du moment pour avoir de bons résultats, explique la cadre technique nationale, Pascale Meyet. Cette nouvelle épreuve permet de sortir du formatage déjà en place et donc de voir des choses nouvelles ». Une richesse artistique qui plaît de plus en plus aux amateurs de natation synchronisée. « Pour le public, c’est plus intéressant à regarder car il y a du solo, du duo et de l’équipe dans le même ballet », indique la nageuse de l’équipe de France Coralyne Lemaire. Autre avantage du « combo » : la diversité. « Dans une compétition, si on voit six combinés, on en verra six différents alors que pour le ballet d’équipe on retrouve souvent les mêmes éléments », ajoute l’ancienne chorégraphe des Bleues en référence aux porters éjectés, musiques rapides ou formations étroites qui reviennent dans tous les ballets libres présentés en compétitions.
Pour ses détracteurs, le « combo » est plus proche du spectacle que de l’épreuve technique. Un argument vite réfuté par celle qui a été vice-championne d’Europe en duo avec Murielle Hermine en 1985, « ce n’est pas seulement un show, c’est une épreuve intéressante si on sait présenter quelque chose de surprenant ». Et si le combiné n’a pas de programme technique, cela ne l’empêche pas de montrer toute l’étendue des figures de la natation synchronisée. « Il faut une très bonne technique si l’on veut se battre pour les meilleures places », argumente Coralyne Lemaire. D’autant que l’enchaînement rapide des différents éléments rend l’engagement physique intense.
Le combiné, qui reste à part dans son contenu et par sa forme, a déjà séduit les nageuses. « C’est plus agréable à nager que le ballet car il est possible d’avoir quelques temps de repos. Suivant les parties que l’on effectue, on ne nage pas forcément pendant cinq minutes », lance dans un sourire Coralyne Lemaire, qui a participé aux deux seuls combinés français présentés en compétition internationale.
Même si dans le clan français on l’a souvent mis de côté, « les nageuses apprécient cette épreuve, mais elles n’ont pas l’impression de s’investir complètement dedans », explique la cadre technique. Benjamin de la famille synchro, le combiné est souvent le dernier ballet que l’on travaille. Pourtant, pourvoyeur de médailles autant que les autres épreuves, les Françaises auraient peut-être intérêt à se pencher sérieusement sur son cas. Car à en croire les tendances, le combiné pourrait prendre de l’importance dans les années à venir. « On en est pas encore là, mais il parait évident que le combiné pourrait remplacer les autres épreuves notamment aux Jeux Olympiques », indique Pascale Meyet.
Le Comité International Olympique qui peine à trouver de la place pour toutes les disciplines sportives aurait, avec le combiné, l’occasion de réduire la natation synchronisée à une seule épreuve tout en gardant l’essence de ce sport. « Le solo disparaît déjà de certaines compétitions comme la coupe d’Europe, alors on tend vers le combiné même si, je le répète, ce ne sont que des supputations pour l’instant ». Un paradoxe quand on voit la nouvelle réglementation de la Fina pour les Mondiaux de Melbourne, qui sépare maintenant les épreuves techniques et artistiques pour obtenir deux fois plus de médailles.

Mathilde Lizé(Natation Magazine)


 
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