La course contre la montre
Jeudi 15 Mai 2008 
Les principaux équipementiers japonais sont engagés dans une course contre la montre pour mettre au point une combinaison de natation qui permettrait aux nageurs nippons de rivaliser cet été aux Jeux de Pékin avec les porteurs de la combinaison Speedo de tous les records.
Afficher l'image Un maillot de bain pour battre tous les records
Un maillot de bain pour battre tous les records
Contraints de porter des maillots "made in Japan", les nageurs japonais ont fait part publiquement de leurs craintes de se faire distancer par les Australiens, Américains ou Européens qui ont multiplié les records du monde depuis le lancement de la "LZR Racer" par la marque australienne en février.
"C'est la combinaison dopante", avait même fait valoir Norimasa Hirai, l'entraîneur de Kosuke Kitajima, le double champion olympique du 100 m et 200 m brasse, estimant à environ une demi-seconde sur 100 m le gain apporté par le modèle Speedo, qui a été testé par ses nageurs.
Alors que certains réclament le droit de porter des marques étrangères, la Fédération japonaise a donné jusqu'au 30 mai aux trois grands équipementiers nationaux pour mettre au point un modèle au moins aussi performant que celui de Speedo.
Dans cette mission olympique, un fabricant japonais de tissus synthétiques croit pouvoir aider, proclamant avoir mis au point "le matériau de maillots de natation le plus rapide du monde".
"Le but n'est pas de faire des affaires. Le but est d'aider les nageurs japonais à lutter avec tout leur coeur dans des conditions équitables aux jeux Olympiques de Pékin", souligne Tomizo Yamamoto, le patron du fabricant éponyme.
Absorbant
Sa société a envoyé à Mizuno, Asics et Descente des échantillons de son "Biorubber Swim-SCS", un tissu couvert de caoutchouc synthétique qui grâce à une surface en nid d'abeille absorbe les molécules d'eau pour minimiser la résistance, là où d'autres tissus utilisés en natation font glisser l'eau pour réduire les frictions.
Selon Yamamoto, ce matériau a déjà été utilisé par plusieurs fabricants aux Etats-Unis, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en France, notamment pour les combinaisons de triathlon, et entre dans la composition des maillots d'un fabricant néo-zélandais qui ont déjà été homologués en octobre dernier par la Fédération internationale de natation (Fina).
"Ce tissu est l'une de nos options", a déclaré une porte-parole de Mizuno Fumihiko Sawai. "Nous sommes vraiment prêts à produire ce qu'il y a de mieux".
Selon un chercheur français, Jean-François Toussaint, auteur d'une étude sur les limites des records, la combinaison Speedo avec laquelle ont été récemment battus 18 records du monde peut améliorer d'environ 2% les performances chronométriques des nageurs.
Sans coutures et plus légère, cette combinaison est surtout équipée d'un stabilisateur intégré au niveau du bassin qui permet d'améliorer la flottabilité.